Je vous en parlais il y’a environ 1 an, dans mon billet sur la guerre numérique, et il faut croire que je n’étais pas si loin de la vérité.

Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous invite à lire l’excellent billet de Fabrice Epelboin disponible ici sur ReadWriteWeb concernant l’attaque dont on été victime les majors.

Ces majors, et plus particulièrement la MPAA, la RIAA et AiPlex Software, ont vu leurs sites et leurs structures isolés du réseau pendant plusieurs heures et même presque plusieurs jours.

A l’origine de l’action, le franchissement de la limite par AiPlex Software contre les « pirates » du web, et ce, sur demande du duo MPAA/RIAA (je pars du principe que c’est le cas même si je n’ai pas de preuve, c’est la théorie que tout le monde avance).

S’en est suivi un DDoS (ou attaque par déni de service) sur les serveurs, visibles depuis l’extérieur, de ces 3 organismes, les mettant hors lignes.

Et voilà que la très in-fameuse HADOPI s’active, a demandé les premières identification d’adresses IPs, et surtout ouvre son site ce vendredi.

Du coup, le groupe Anonymous, plutôt célèbre en raison du « Projet Chanology » s’est penché sur la question. Il en ressort un appel aux armes plutôt clair.

Personnellement, j’ai beau être contre HADOPI et ce qu’elle implique, je suis également contre cette démarche. Pour plusieurs raisons :

  1. le site a de bonne chance de contenir des informations utiles à Mme Michu pour ne pas être victime d’une énième tentative de fishing,
  2. réagir de la sorte ne fera que radicaliser la position en face et les incitera à mettre en place d’autant plus rapidement des technologies du type DPI/SPI,

Par contre, je dois bien avouer que cette politique va mener à un durcissement de la criminalisation du milieu comme on l’a vu avec la prohibition dans les années 20 (cf. autre billet de Fabrice Epelboin sur la prohibition 2.0).

Bref on s’engage dans une logique guerrière ou les 2 camps vont s’armer de technologies de pointes afin de neutraliser (voir de détruire) l’autre.

Savoir qui va gagner est difficile à déterminer, les « hackers » ont la motivation, l’expérience et la connaissance pour s’armer de façon plus efficace. Ils ont surtout accès à une force de frappe impressionnante via les internautes qui les soutiennent.

Les ayants droits n’ont pour eux qu’un budget très important et l’appui des hommes politiques en place. Cela suffira-t’il ? J’espère que non, il est temps de repenser la culture.

Un exemple récent de l’appuie des politiques :

  • On supprime 56M d’euro d’aide accordée aux créateurs d’entreprises (les gens qui innovent),
  • On alloue 14M d’euro à la Hadopi pour punir les méchants utilisateurs qui n’ont pas su sécuriser leurs connexions internet,
  • On alloue 75M d’euro à la carte musique jeune, histoire de renflouer encore un peu plus les caisses des-dits ayant droit.

Au passage, les ayants droits passent (ici les chiffres viennent du site de la SNEP) d’un catalogue de 3300 albums environ à 900 et s’étonnent que leurs ventes baissent, mais forcement quand on limite la diversité d’achat, les ventes ne suivent plus.

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